Toute l’équipe de « Tendances Capitale(s) a décidé d’en confier les clés (provisoirement !) aux étudiants de première année de l’ISEG Paris afin qu’ils puissent présenter les travaux de recherche qu’ils ont menés dans le cadre de la valeur ajoutée « Luxe et Mode » proposée par l’ISEG Paris.
Le premier de ces articles nous entraîne dans les coulisses de l’affrontement qui oppose les deux géants français de la parfumerie sélective.
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Sephora vs Marionnaud : un combat de Titans
Sephora et Marionnaud, les deux géants français de la parfumerie sélective, s’affrontent depuis longtemps sur le territoire français dans le but de devenir le numéro un national.
Un peu d’histoire pour commencer.
Le premier magasin Sephora, alors géré par le groupe britannique Boots, est ouvert à Paris en 1969.
En 1983, les 38 magasins déjà ouverts sont rachetés par Dominique Mandonnaud, propriétaire de l’enseigne Shop 8.
C’est en 1998 que les deux marques se réunissent sous le seul nom de Sephora.
En 1997, l’enseigne est rachetée par LVMH pour 244 millions d'euros. Puis à partir de 1999, Sephora lance une politique d’ouverture de magasins à l’étranger, à commencer par les Etats-Unis.
L’histoire de Marionnaud commence en 1985, lorsque Marcel Frydman, un autodidacte de 53 ans, décide d’acheter sa première parfumerie pour 100 000 francs. En 1996, alors qu’il possède déjà 48 boutiques, il décide de racheter la chaîne de Bernard Marionnaud, deux fois plus importante que la sienne, mais également déficitaire. Toutes les parfumeries de M. Frydman passent alors sous l’enseigne Marionnaud.
Entre 1998 et 1999, elle rachète les chaînes Kléber, Votre Beauté, Silver Moon et Patchouli. En 2000, elle s’agrandit grâce à 24 parfumeries Marie Bernard dans l’ouest de la France, et 58 boutiques de la chaîne Annabelle situées dans le sud-est du pays.
Sephora et Marionnaud adoptent des politiques bien différentes, notamment en ce qui concerne leur développement international.
Alors que Sephora opte très vite pour une politique résolument internationale et est désormais présent dans plus de 23 pays avec ses 3300 collaborateurs avec 814 magasins en Europe, 186 aux Etats-Unis, 30 en Asie, et 5 au Moyen Orient, Marionnaud se consacre longtemps au seul marché français avant d’investir le monde à marche forcée.
Il faut également souligner le fait que les deux groupes ne visent pas du tout la même clientèle. Alors que Marionnaud mise sur la fidélisation de ses clients, Sephora opte pour la séduction des jeunes filles : « Nous ne voulons pas devenir le magasin des mamans, nous voulons continuer à séduire leurs filles », explique Jacques Levy, PDG de l’enseigne.
D’ailleurs, Sephora s’est offert ces dernières années un relooking de ses magasins; le groupe se modernise. Son objectif est, à travers ce « rajeunissement », d’améliorer la visibilité des produits et des marques, et d’optimiser la circulation des clients. Des codes couleurs ont été instaurés afin de mieux se repérer dans les magasins, les meubles ont gagné en légèreté, et l’information des consommateurs a également été allégée par la mise en place d’étiquettes en fronton de linéaire, dont les codes barres sont camouflés sous la réglette. Le long des étagères on retrouve des colonnes d’animations qui rompent avec la linéarité de la présentation, et les murs derrière les caisses sont désormais garnis par des étagères en verre proposant différents produits. De plus, un « Beauty Bar » et un « Nail Bar » redessinés, plus modernes, presque futuristes, accueillent les clients qui désirent des traitements avec ou sans RDV.
Si Sephora et Marionnaud ne suivent pas la même stratégie marketing, ils se rejoignent sur un point : leur gamme de produits bio, un segment qui pèse 250 millions d’euros, soit moins de 2,5% des ventes d’après Cosmébio.
« Le bio, c’est la beauté du futur », déclare ainsi Lyse Costa, directeur produits et marketing chez Marionnaud France.
Avec 27% de parts de marché sur le territoire français, contre 23% pour Sephora (qui mise sur sa propre marque), Marionnaud reste le leader de la distribution sélective, mais avec seulement une légère avance. Alors… que le meilleur gagne !