La mode : l'amour du risque ou le monde qui valait 3 milliards ?
Commençons par le commencement, la mode est faite de strass et paillettes. Oui mais pas que … Alors certes une vingtaine de créateurs vivent de leur passion et font tourner des noms prestigieux comme un ouvrier sur une chaine de montage. La comparaison va encore plus loin, sans directeur de recherche et développement pas d’ouvrier. Le système est le même dans toutes les maisons. Le seul bémol au talent est le physique : un physique ingrat et c’est la porte que l’on se mange. L’expression est « quand on n’a pas le physique, on a la tête ». Enfin je crois que c’est ça.
La mode a pour caractéristique que chaque employé a les dents dures et longues. On est mis au placard sans ménagement. Mais le talent ou plutôt le ressenti est primordial dans le développement d’une collection. Aussi éphémère qu’une personne âgée avant une canicule, chaque collection remet les pions sur l’échiquier : une mauvaise collection, c’est la notoriété qui passe à l’impopularité ; une bonne collection ! C’est normal « c’est la découverte de septembre 1999 ! ».Un parmi tant d’autres morts fusillés sur scène sous les projecteurs.
La mode se définit sous cet angle : sans amour, sans soucis et sans problème. La cocufiction d’un journaliste de mode n’est pas un film, leur vision binaire de la mode pose un filtre entre le passionné et l’artiste. Tout le monde sait que l’intégrité d’un journaliste s’arrête où l’enveloppe commence mais le milieu de la mode est si subtil qu’entre eux et les maisons de luxe, c’est un échange perpétuel entre « tiens j’ai un bon article sur la dernière collection Louis Vuitton, mais tu sais Hermès a été désastreux cette année » et la réponse de la réponse de la dite maison « j’ai pensé à toi, tu as un sac qui vaut la bagatelle d’une année de salaire pour un chinois sur ton bureau !». Oserais-je dire qu’il y a une corruption légalisée dans la mode ? Jamais mais les pauvres journalistes ne savent pas quels sont les nouveaux modèles de sacs ou de jeans alors il faut leur montrer ! Mais les critiques journalistiques sont des enfants de cœur devant toute cette cour qui entoure tel ou tel créateur.
Pire que des vautours sur une charogne, ils flatteront, aimeront, seront transis par la spiritualité de la médiocrité incarnée. Par contre, ces dites personnes sont aussi passives sur le talent qu’une loutre devant une photo de Doisneau. Les courbettes sont le sport de certains mais le souci est que ça aveugle les créateurs qui perdent tout sens des réalités mais le jugement est sans appel ! Dans ce milieu mais comme les autres le travail doit supplanter tout loisir.
L’être est essentiel pour former ses bases et son esprit mais il faut bien se rendre compte que tout le paraître n’est que communication, packaging et illusion : si vous pensez que Karl Lagerfeld est un vieux qui ferait mieux de se retrouver dans sa maison de retraite pour vieux séniles avec Sonia Rykiel, vous n’avez pas tord ! Si vous pensez encore qu’Alexander Wang (il travaille pour Marc Jacobs et Vogue qui l’ont très vite repéré grâce à sa griffe épurée et propre juste à 24 ans) n’est pas encore assez connu alors là vous avez mille fois raison.
Le monde de la mode est impitoyable, inconsolable et insaisissable mais la mode est incontournable.
R.F.


Commentaires
Excuse moi R.F., encore une fois mais apparemment c'est un blog de mode, tendances et pas un blog de philo...
Cela n'engage que moi, mes tu utilises trop de théorie pseudo-métaphysique....
Posté par jean-charles le jeudi 18 décembre 2008 | Lien du commentaire