Pour la quatrième année consécutive, le joaillier Mellerio dits Meller de la rue de la Paix a ouvert ses portes au public à l’occasion des journées du patrimoine qui se sont déroulées les 20 et 21 septembre. Ce fut sous un beau soleil d’automne que nous avons traversé la place Vendôme afin de nous diriger au 9, rue de la Paix.
Mellerio est une famille originaire d’un petit village du Nord de l’Italie : Craveggia qui exerce ses talents de joailliers depuis 1613. Afin d’exercer leur métier de colporteur en France, ils traversèrent les Alpes. Ils s’arrêtaient aux grilles des grandes demeures et châteaux français afin de vendre leurs pièces (bijoux, quincaillerie…). C’est grâce au bagou du jeune Jean-Baptiste Mellerio que la famille s’est fait connaître auprès de la Cour française. La reine Marie-Antoinette revenant de sa promenade, remarqua le jeune homme et souhaita découvrir ce qu’il proposait. Il exposa ses pièces et grâce à ses talents de commerçants la reine acheta quelques unes de ses pièces. Au fur et à mesure, il devint le fournisseur des seigneurs de la Cour. De nos jours, la famille continue d’orner les têtes et d’habiller les reines de ce monde avec leurs parures.
Mellerio dits Meller fut le premier joaillier à s’installer dans cette rue en 1815. La rue de la Paix a été
créée en 1806 afin de permettre aux dames de ce temps de rejoindre la place Vendôme au Palais Garnier. Comme la rue possédait un bon emplacement et avait un grand potentiel commercial, d’autres personnes du métier ont rejoints le joaillier puis à la fin du XIX ils commencèrent à s’installer place Vendôme. Aujourd’hui, la quatorzième génération de la Maison exerce toujours son métier entre les murs de cet hôtel particulier.
Actuellement la Maison possède trois corps de métiers : la joaillerie, l’orfèvrerie et l’horlogerie. La joaillerie est le premier métier de la Maison. Jouissant ainsi d’une bonne réputation depuis des siècles, il ne lui est pas nécessaire de faire de la publicité pour ses pièces. Cela lui permet de pratiquer des prix de trois à quatre fois moins chers que ceux de ses voisins. Il est intéressant de noter que 80 % de sa clientèle sont des habitués : grandes familles françaises et familles royales… Les 20 % restants sont des clients occasionnels. L’horlogerie est marqué par un modèle emblématique de la Maison : la montre Neuf. Son métier d’orfèvre est illustré par la réalisation de quelques récompenses sportives : la Coupe de Roland Garros brandit par Rafael Nadal lors de la dernière rencontre des internationaux de France. C’est aussi les Mellerio qui ont créés le Ballon d’Or récompensant le meilleur footballeur.
Pour conclure la présentation des pièces réalisées, François Mellerio nous a présenté avec passion et émotion l’épée de l’académicien André Frossard qui rassemble les moments de la vie de cet homme.
Ces journées du patrimoine nous ont permis de découvrir le métier de joaillier et l’histoire de la Maison Mellerio dits Meller à travers des archives (documents et pièces historiques), la rencontre de sertisseurs nous racontant leur passion pour les pierres.
Mellerio dits Meller, un joaillier italien rue de la Paix, depuis quatre siècles.
Quelques anecdotes :
« La Régente Marie de Médicis décide d’octroyer sa protection aux habitants de trois villages lombards « pour services rendus au Royaume de France ». Par arrêt du Conseil du Roy, en date du 10 octobre 1613, elle leur accorde le privilège unique et exceptionnel d’exercer leur métier à Paris et sur tout le territoire sans qu’ils aient à se soumettre aux contraintes administratives appliquées généralement.
Tous les rois suivants renouvelleront ces décrets, faisant des Mellerio, et des autres familles des villages du Val Vigezzo, des citoyens privilégiés. La légende raconte que cet incroyable privilège a été octroyé après la découverte, par un petit ramoneur du Val Vigezzo, d’un complot visant à fomenter l’assassinat du jeune roi Louis XIII. »
« Marie-Antoinette, première cliente royale de la Maison, appréciait les menus objets, boîtes précieuses et bonbonnières, qu’elle offrait à ses amis de cœur : Joséphine, alors Impératrice de France, insistait pour passer commande sous son nom de jeune fille. »
Liens :
www.mellerio.fr
www.journeesdupatrimoine.culture.fr
Hélène LE GUERN.


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