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Jardins de cristal : les cristalleries de l'Est à Paris

cristal3.jpgUn vent d’est souffle sur Paris et les étudiants de l’ISEG Paris, dans le cadre de leurs travaux d’étude de la Valeur Ajoutée Luxe et Mode ont jusqu’au 2 novembre pour découvrir quatre cristalleries – Baccarat, Daum, Lalique et Saint-Louis, qui unissent leurs moyens pour une exposition de prestige à Paris, au parc de Bagatelle.

L’initiative vient de l’est de la France, berceau historique de cet art : Baccarat et Daum sont installés en Meurthe-et-Moselle, Saint-Louis en Moselle et Lalique dans le Bas-Rhin, jamais très éloignés du massif forestier Vosgien qui fournissait abondamment le bois nécessaire à cette production. D’ailleurs, l’exposition fut d’abord créée à Pont-à-Mousson !

La visite se fait en deux temps : technique d’abord, pour expliquer le complexe travail du cristal et valoriser les savoir-faire exceptionnels qu’il met en œuvre ; esthétique ensuite, chaque firme exposant quelques pièces choisies dans un cadre éphémère avec pour seule contrainte un thème commun, la nature. Si ce parcours bicéphale semble aujourd’hui s’imposer, il n’en a pas toujours été ainsi.

Le seul prestige du nom a longtemps été la base d’une communication très discrète, associée au monde du luxe. Si Daum, par exemple, a tôt présenté ses plus belles pièces au grand public, c’est dans le cadre de donations au Musée des Beaux-Arts de Nancy : les verreries y sont considérées et présentées sous leur seul aspect artistique, détachées de toute question technique ou matérielle.

Cette approche purement esthétique, largement dominante dans les grandes maisons, évolue à partir de la fin des années 1970. Les petites cristalleries orientées sur les gammes moyennes ont fermé les unes après les autres : production trop complexe, prix de vente trop élevé… Cette page de l’histoire industrielle aurait pu être définitivement fermée si le mouvement de reconnaissance du patrimoine, dans les années 1980, associé aux ambitions nouvelles de la politique culturelle, n’avait donné une nouvelle impulsion : le site de Meisenthal, à l’abandon, devient le Centre international d’art verrier. De manière originale, le parcours pédagogique dans les bâtiments techniques est associé à un atelier créant sur place de nouvelles pièces, l’exposition des réalisations anciennes emblématique côtoie un magasin de nouveautés audacieuses.

Miniature de l'image pour expo-cristal2.jpgLes développements croisés du tourisme de proximité et du tourisme industriel ont rapidement assuré le succès de Meisenthal, et les établissements mieux établis cherchent à leur tour à s’inscrire sur les cartes touristiques. Baccarat a ainsi totalement repensé sa politique patrimoniale. Le site historique lorrain est plutôt tourné vers l’aspect technique – et commercial – et la galerie parisienne, rénovée en 2003 avec la participation de grands noms contemporains – Philippe Starck, Gérard Garouste – sert d’écrin luxueux à la présentation des plus belles pièces de la vénérable maison. Plus discrète, la cristallerie de Saint-Louis a elle-aussi ouvert un ambitieux musée en 2007 : l’ancienne halle, laissée « brute », accueille quelques réalisations de choix. Et enfin, Wingen-sur-Moder prépare pour 2009 l’ouverture d’un musée Lalique  sur des principes proches. Le monde du luxe s’est définitivement ouvert au tourisme, et un nouveau public découvre ces réalisations sans même songer à les acquérir.

 

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