Tendances Capitale(s) - Le blog Luxe et Mode de l'ISEG Paris

Tendances Capitale(s) - Blog Luxe et Mode : octobre 2008

cristal3.jpgUn vent d’est souffle sur Paris et les étudiants de l’ISEG Paris, dans le cadre de leurs travaux d’étude de la Valeur Ajoutée Luxe et Mode ont jusqu’au 2 novembre pour découvrir quatre cristalleries – Baccarat, Daum, Lalique et Saint-Louis, qui unissent leurs moyens pour une exposition de prestige à Paris, au parc de Bagatelle.

L’initiative vient de l’est de la France, berceau historique de cet art : Baccarat et Daum sont installés en Meurthe-et-Moselle, Saint-Louis en Moselle et Lalique dans le Bas-Rhin, jamais très éloignés du massif forestier Vosgien qui fournissait abondamment le bois nécessaire à cette production. D’ailleurs, l’exposition fut d’abord créée à Pont-à-Mousson !

La visite se fait en deux temps : technique d’abord, pour expliquer le complexe travail du cristal et valoriser les savoir-faire exceptionnels qu’il met en œuvre ; esthétique ensuite, chaque firme exposant quelques pièces choisies dans un cadre éphémère avec pour seule contrainte un thème commun, la nature. Si ce parcours bicéphale semble aujourd’hui s’imposer, il n’en a pas toujours été ainsi.

Le seul prestige du nom a longtemps été la base d’une communication très discrète, associée au monde du luxe. Si Daum, par exemple, a tôt présenté ses plus belles pièces au grand public, c’est dans le cadre de donations au Musée des Beaux-Arts de Nancy : les verreries y sont considérées et présentées sous leur seul aspect artistique, détachées de toute question technique ou matérielle.

Cette approche purement esthétique, largement dominante dans les grandes maisons, évolue à partir de la fin des années 1970. Les petites cristalleries orientées sur les gammes moyennes ont fermé les unes après les autres : production trop complexe, prix de vente trop élevé… Cette page de l’histoire industrielle aurait pu être définitivement fermée si le mouvement de reconnaissance du patrimoine, dans les années 1980, associé aux ambitions nouvelles de la politique culturelle, n’avait donné une nouvelle impulsion : le site de Meisenthal, à l’abandon, devient le Centre international d’art verrier. De manière originale, le parcours pédagogique dans les bâtiments techniques est associé à un atelier créant sur place de nouvelles pièces, l’exposition des réalisations anciennes emblématique côtoie un magasin de nouveautés audacieuses.

Miniature de l'image pour expo-cristal2.jpgLes développements croisés du tourisme de proximité et du tourisme industriel ont rapidement assuré le succès de Meisenthal, et les établissements mieux établis cherchent à leur tour à s’inscrire sur les cartes touristiques. Baccarat a ainsi totalement repensé sa politique patrimoniale. Le site historique lorrain est plutôt tourné vers l’aspect technique – et commercial – et la galerie parisienne, rénovée en 2003 avec la participation de grands noms contemporains – Philippe Starck, Gérard Garouste – sert d’écrin luxueux à la présentation des plus belles pièces de la vénérable maison. Plus discrète, la cristallerie de Saint-Louis a elle-aussi ouvert un ambitieux musée en 2007 : l’ancienne halle, laissée « brute », accueille quelques réalisations de choix. Et enfin, Wingen-sur-Moder prépare pour 2009 l’ouverture d’un musée Lalique  sur des principes proches. Le monde du luxe s’est définitivement ouvert au tourisme, et un nouveau public découvre ces réalisations sans même songer à les acquérir.

 

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        Koons-homard.jpg                                                   La dernière polémique en date est celle suscitée de l’exposition d’un homme, grand artiste et très puissant dans le monde de l’art, à Versailles.

Jeff Koons expose ses œuvres au centre de toutes les attentions françaises et touristiques ; imaginons que l’exposition se soit déroulée au Louvre ou autre lieu mythique de la capitale, cela aurait été pire que la vulgarisation de ses œuvres. Alors l’exposition a-t-elle trouvé le bon lieu ? Et cela en vaut-il vraiment la peine ?
Jeff Koons est l’homme qui remet le pop art au goût du jour, le nom inoubliable de Warhol mais aussi de Norma Jeane Mortenson (Marilyn) et Audrey Kathleen Ruston (Hepburn) va être détrôné par Jeff, son chien gonflable ou le homard suspendu, qui rendent vivant le pop art.
Le lieu choisi est-il le plus  approprié ?
La réponse est clairement oui ! Le poids de l’histoire, centralisé à Versailles, et la légèreté de l’exposition se mélangent bien, ne nous trompons pas, le directeur du château et Koons oMiniature de l'image pour Koons-marieantoinette.jpgnt mis en place une exposition qui mélange humour, sans conteste, et intelligence collective : aussi bien des grands comme des petits. Par exemple, le buste de Louis XIV en acier inoxydable, dans le salon de Mercure, est placé juste en dessous d’un tableau énorme d’une reine ce qui démontre que même un buste aussi petit soit-il donne une grandeur royale à la sculpture. La beauté de l’œuvre associé à la grandeur de l’homme donne une aura assez surprenante, il faut bien le dire. Autre touche d’humour, Jeff Koons pose une œuvre rassemblant l’histoire des aspirateurs dans l’antichambre du Grand couvert, là où justement un bon nombre de reines de France sont exposées. Cet artiste veut rendre l’art accessible aux plus petits, pour cela il pose une sculpture gigantesque à base d’acier recouvert par des plantes tel un « double face » entre un Poney et un Dino dans le Parterre de l’Orangerie. Le château de Versailles a toujours su s’adapter aux modes, il fut même le lieu de toutes les tendances alors il est impensable qu’au XXIème siècle, l’on stigmatise l’endroit qui a été et qui est encore aujourd’hui avant-gardiste .Rien de tel qu’il soit dépoussiéré pour un artiste de renom. Il est étrange que l’on puisse penser qu’un lieu serait mieux qu’un autre ; alors braves intellectuels bien pensant qui s’attaquent à l’exposition de Jeff Koons, sortez un peu le dimanche pour visiter le palais du Luxembourg vous serez gâtés de voir que l’art avance « manu militari » ! Justement Koons a posé dans la si particukoonsjardins.jpglière galerie des Glaces, une œuvre s’appelant « Moon ». Cette œuvre est symbolique. Prenons du recul sur le monde comme ce que pourrait ressentir un taïkonaute depuis l’espace de son pays. Cette sensation change le rapport au lieu. Je pense que pour juger une œuvre, un artiste et/ou une exposition, il faut la voir et la ressentir. Si cela en vaut la peine ? Je le pense, cette rétrospective de son art kitch (dans le bon sens du terme) donne aux 17 sculptures, une curiosité inattendue.
Ce qu’il y a de bien dans une polémique, c’est que l’on parle, beaucoup. La publicité déjà faite par les media donne une influence record pour cette période de l’année à Versailles. Si l’on combine une exposition de Koons avec les grandes Eaux du Château (les fontaines fonctionnant avec la musique de Lully), c’est un plaisir sans nom et une journée réussie. Ce paradoxe si français avec une musique qui a trois siècles et une exposition pop art traduisent cette « french touch ». Pour tout vous avouez je partais voir l’exposition à reculons, au moment où je vous parle, je suis l’un des défenseurs de cette exposition qui montre que l’art n’a pas de barrières sauf celles que l’on s’impose. Cette exposition est à voir et à revoir jusqu’à mi-décembre au Château de Versailles.
 
R.F.

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La soirée Louis Vuitton, réservée à une infime poignée de clients, qu’il ne fallait pas rater ! Cette soirée était placée sous le signe du casino.  L’invitation donnait le ton, select mais sobre, LV quoi ! Cette soirée n’était ni pour une nouvelle égérie, ni une soirée de bienfaisance, ni le pot de départ d’un des nombreux vendeurs ; non juste la nouvelle collection pour homme entre costumes, accessoires et sacs. J’hésite encore entre magnifique et MAGNIFIQUE ; c’est juste ce qu’il faut : pas trop vieux  ni trop puéril pour donner cette touche si FRANÇAISE.  Cette soirée s’accompagnait de petits fours ; alors petite anecdote certes, mais rassemblant tous les «bourgeois parisiens » ne venant pas acheteMiniature de l'image pour Miniature de l'image pour Miniature de l'image pour Miniature de l'image pour LV2.jpgr « au grand dieu non ! » mais juste pour manger et boire (j’en ai vu très peu, il faut l’avouer).  Alors non ce n’était pas réservé juste aux hommes mais, mesdames si vous avez la chance d’approcher les sacs édition limitée argenté/pailleté, vous seriez les plus heureuses - au moins à ce moment là ! Les sacs Vuitton ont une chance que n’ont pas les sacs Chanel ou Hermès : les sacs Vuitton peuvent se porter avec tout, enfin pas avec tout le monde, juste une pointe de charisme, de classe ou d’élégance suffit.
Ce n’était pas une soirée grandiose mais juste ce qu’il faut pour que la collection homme parte comme des pains au chocolat sortant du four. Si l’on pouvait se poser la question de l’utilité du magasin sur les Champs outre le rendement monstrueux, le musée à la gloire de cette french touch so chic, les soirées au moins sont réussies étant donnés le cadre plus qu’idyllique des Champs,  l’ambiance et l’espace du Louis Vuitton.      

 

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La capitale française a vu ses rues envahies par 2,25 millions de personnes (selon la mairie, soit 50% de plus qu’en 2007), lors de la 7ème édition de la NUIT BLANCHE qui s’est déroulée la  nuit du samedi 4 au dimanche 5 Octobre 2008.
Arpentant lieux publics et privés mis à disposition pour l’évènement; familles, enfants, célibataires ou bien encore amis sont partis à la découverte des soixante-quinze œuvres d’art réparties autour des Gares Parisiennes.

Malgré cette fulgurante hausse de fréquentation, cette dernière édition a laissé derrière elle plusieurs sceptiques. Inaccessibilité des œuvres à cause de la foule, manque de transport en commun, seule la ligne 14 était ouverte toute la nuit, obligeant de nombreuse personnes à marcher dès 2h du matin pour continuer leur exploration, ce dernier phénomène étant  accentué par la dispersion des œuvres dans un espace bien trop large allant de Gare du Nord à Gare Montparnasse pour la ligne Nord-Sud et de la Gare St Lazare à la Gare d’Austerlitz pour la ligne Ouest-Est, ont obligé de nombreuses personnes à restreindre leur zones de visites.

Cependant, les diverses œuvres d’art provenant du monde entier, en allant de l’illusion d’optique en passant par les jeux de formes, de couleurs et de lumière, suscitèrent intérêt et interrogations.  Voici à présent quelques uns de nos coups de cœur :

A la gare de Lyon, sous l’égide du réalisateur Shaad Ali, un véritable plateau de tournage a été installé pour enregistrer un film à la  Bollywood  avec costumes, maquillages, scènes chantées et dansées, le tout interprété par des danseurs et acteurs indiens. L’ensemble ayant pour but de montrer aux spectateurs la complexité de la réalisation d’un film. La foule étant très compacte, il était nécessaire de garder sa place pour pouvoir avoir la chance d’assister à une scène dans son intégralité.

La foule était aussi dense à l’église St Germain des Prés. Malgré sa capacité de 600 personnes, une file de plusieurs centaines de personnes a très vite pris place sur le parvis de l’église. Pourquoi autant d’engouement ? tout simplement pour voir Patti Smith ! : cette célèbre chanteuse américaine de rock proposait un concert gratuit d’une heure basé sur l’improvisation.

L’église Saint Roch, se situant au 296 de la rue Saint Honoré, accueillait l’œuvre Monolithe et Massage de Félicie d’Estienne d’Orves et Frédéric Nogray. Cette installation sonoluminescente accompagnée d’un concert de bols chantants en cristal, invitait chaque visiteur à un véritable moment de  méditation et de détente.

Pour finir, l’œuvre du japonais Ryoji Ikeda installée au pied de la tour Montparnasse était visible de tout Paris. Pourtant, il fallait se trouver en son centre pour l’observer dans toute son ampleur. Constituée de plusieurs puissants faisceaux lumineux et d’une onde sonore très pure, elle  représentait un astre qui surplombait la tour et les visiteurs qui ont eu la bonne idée d’aller jeter un petit coup d’œil à l’œuvre.

Pour tous ceux qui n’auraient pas eu la chance de participer à cette 7ème édition de la NUIT BLANCHE, n’ayez pas d’inquiétudes, cet évènement se déroule chaque année au début du mois d’Octobre.

http://www.paris.fr/portail/nb2008/Portal.lut?page_id=8707

Emilie Michel
 

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Pour la quatrième année consécutive, le joaillier Mellerio dits Meller de la rue de la Paix a ouvert ses portes au public à l’occasion des journées du patrimoine qui se sont déroulées les 20 et 21 septembre. Ce fut sous un beau soleil d’automne que nous avons traversé la place Vendôme afin de nous diriger au 9, rue de la Paix.

Mellerio est une famille originaire d’un petit village du Nord de l’Italie : Craveggia qui exerce ses talents de joailliers depuis 1613. Afin d’exercer leur métier de colporteur en France, ils traversèrent les Alpes. Ils s’arrêtaient aux grilles des grandes demeures et châteaux français afin de vendre leurs pièces (bijoux, quincaillerie…). C’est grâce au bagou du jeune Jean-Baptiste Mellerio que la famille s’est fait connaître auprès de la Cour française. La reine Marie-Antoinette revenant de sa promenade, remarqua le jeune homme et souhaita découvrir ce qu’il proposait. Il exposa ses pièces et grâce à ses talents de commerçants la reine acheta quelques unes de ses pièces. Au fur et à mesure, il devint le fournisseur des seigneurs de la Cour. De nos jours, la famille continue d’orner les têtes et d’habiller les reines de ce monde avec leurs parures.

Mellerio dits Meller fut le premier joaillier à s’installer dans cette rue en 1815. La rue de la Paix a été


créée en 1806 afin de permettre aux dames de ce temps de rejoindre la place Vendôme au Palais Garnier. Comme la rue possédait un bon emplacement et avait un grand potentiel commercial, d’autres personnes du métier ont rejoints le joaillier puis à la fin du XIX ils commencèrent à s’installer place Vendôme. Aujourd’hui, la quatorzième génération de la Maison exerce toujours son métier entre les murs de cet hôtel particulier.

Actuellement la Maison possède trois corps de métiers : la joaillerie, l’orfèvrerie et l’horlogerie. La joaillerie est le premier métier de la Maison. Jouissant ainsi d’une bonne réputation depuis des siècles, il ne lui est pas nécessaire de faire de la publicité pour ses pièces. Cela lui permet de pratiquer des prix de trois à quatre fois moins chers que ceux de ses voisins. Il est intéressant de noter que 80 % de sa clientèle sont des habitués : grandes familles françaises et familles royales… Les 20 % restants sont des clients occasionnels. L’horlogerie est marqué par un modèle emblématique de la Maison : la montre Neuf.  Son métier d’orfèvre est illustré par la réalisation de quelques récompenses sportives : la Coupe de Roland Garros brandit par Rafael Nadal lors de la dernière rencontre des internationaux de France. C’est aussi les Mellerio qui ont créés le Ballon d’Or récompensant le meilleur footballeur.
    Pour conclure la présentation des pièces réalisées, François Mellerio nous a présenté avec passion et émotion l’épée de l’académicien André Frossard qui rassemble les moments de la vie de cet homme.

    Ces journées du patrimoine nous ont permis de découvrir le métier de joaillier et l’histoire de la Maison Mellerio dits Meller à travers des archives (documents et pièces historiques), la rencontre de sertisseurs nous racontant leur passion pour les pierres.
    Mellerio dits Meller, un joaillier italien rue de la Paix, depuis quatre siècles.



Quelques anecdotes :
    « La Régente Marie de Médicis décide d’octroyer sa protection aux habitants de trois villages lombards « pour services rendus au Royaume de France ». Par arrêt du Conseil du Roy, en date du 10 octobre 1613, elle leur accorde le privilège unique et exceptionnel d’exercer leur métier à Paris et sur tout le territoire sans qu’ils aient à se soumettre aux contraintes administratives appliquées généralement.
Tous les rois suivants renouvelleront ces décrets, faisant des Mellerio, et des autres familles des villages du Val Vigezzo, des citoyens privilégiés. La légende raconte que cet incroyable privilège a été octroyé après la découverte, par un petit ramoneur du Val Vigezzo, d’un complot visant à fomenter l’assassinat du jeune roi Louis XIII. »
    « Marie-Antoinette, première cliente royale de la Maison, appréciait les menus objets, boîtes précieuses et bonbonnières, qu’elle offrait à ses amis de cœur : Joséphine, alors Impératrice de France, insistait pour passer commande sous son nom de jeune fille. »


Liens :
www.mellerio.fr
www.journeesdupatrimoine.culture.fr

Hélène LE GUERN.

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La maison Chanel a encore joué une nouvelle carte lors de son  dernier défilé haute couture au Grand Palais. La décoration et la mise en scène n’étaient pas une énorme veste ou un carrousel, non simplement la reproduction des tubes d’un orgue parsemé de différents mannequins passant entre eux. Pour encadrer tout cela, les visiteurs ou plutôt les critiques attendent avec une hache une collection automne/hiver 2008/2009 tout en arrondis.

Collection basée sur les formes longilignes avec une jupe « ballon » soit l’arrondi accompagné d’une veste en tweed, tradition Coco oblige.

Le point d’orgue dans ce défilé a été la robe de mariée magnifique entre l’élégance et la classe de la reine de glace des frères Grimm. Un homme portant un gilet jaune « qui ne va avec rien, qui est moche » montre l’importance que Karl a mise dans cette campagne de sensibilisation.

R.F.

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guerlain.jpgDerrière ce nom mondialement connu, se cache l’une des plus belles réussites économiques à la française, en famille, et surtout, le plus vieux parfumeur encore en activité. Lorsqu’il ouvre en 1828 sa première échoppe rue de Rivoli, Pierre-François Pascal Guerlain est loin de se douter que, 180 ans plus tard, sa marque deviendra une multinationale qui rassemble près de 2 700 salariés répartis dans 27 filiales sur 5 continents.

Succès retentissant

Très rapidement depuis sa boutique installée au rez-de-chaussée de l’hôtel Meurisse, le « Parfumeur Vinaigrier » originaire d’Abbeville devient le fournisseur du tout Paris, puis de l’Europe entière : Balzac, Sissi, le prince de Galles, la cour de Belgique… et bien d’autres. En 1840, un deuxième magasin est ouvert rue de la Paix, dans un quartier qui commence à voir fleurir les marques du luxe. On lui demande alors des fragrances personnalisées qui lui assurent une certaine renomée. Sa lettre hebdomadaire, La Mode, fait fureur auprès de la haute société ; elle tient lieu de sorte de guide des tendances de l’époque. C’est le début de ses premiers grands succès, comme l’Eau de Cologne Impériale (dédiée à l'épouse de Napoléon III et qui permet à la maison d’obtenir le titre de Fournisseur Royal), L’heure Bleue ou Après l’Ondée. Pierre-François Pascal impose son style et ses idées. Ils forment toujours l’empreinte de la marque : « Faites de bons produits, ne trichez jamais sur la qualité, ayez des idées simples et appliquez-les scrupuleusement », aimait-il à répéter.

Inventeur de l'institut de beauté


A la mort de ce dernier, les fonctions de gestionnaire et de créateur sont réparties entre ses deux fils Gabriel et Aimé. Ils ouvrent en 1914 une boutique au 68 avenue des Champs-Elysées, à proximité de l’usine installée avenue Victor Hugo. Ils s’installent dans un hôtel particulier dessiné par le même architecte que l’Hôtel Ritz. C’est aujourd’hui le siège social du parfumeur. Les héritiers, puis leurs descendants continuent d’enchaîner avec bonheur les réussites. Toujours attentif aux désirs du public, Guerlain ouvre, au-dessus de sa boutique, en 1939, le premier institut de beauté au monde. Décoré par les plus grands artistes, le lieu voit défiler les célébrités de l’époque. Les usines essuyant les bombardements, elles resteront en veille tout au long du conflit. Mais à libération, les soldats américains se précipitent à la boutique des Champs-Elysées pour y acheter des fragrances pour leurs compagnes : le mythe Guerlain est déjà bien installé.

Parfumeur de principes, en phase avec son temps

Miniature de l'image pour shalimar.jpgA la fin des années 50, Guerlain sort ses premiers parfums exclusivement pour hommes : Vétiver, puis Habit Rouge, en hommage aux cavaliers. La maison conçoit régulièrement des nouveautés (plus de 760 depuis 1828), dont la plupart deviennent des classiques. Guerlain, avec Chanel, reste l’un des rares parfumeurs dont l’essentiel de ses essences est d’origine naturelle (des matières premières). Autre particularité, Guerlain est une marque auto-distribuée : à ses débuts, les distributeurs parisiens refusant de s’occuper de ses créations, les trouvant quelconques, Pierre-François Pascal Guerlain s'était alors juré de n'être distribué que par lui-même. Ce principe fut appliqué jusqu’aux années 2000, et a sans doute contribué au côté exclusif de la maison, renforçant son image de produit de luxe distribué selon un circuit spécifique.


Alors que la marque est restée dans le giron familial pendant plus de 150 années, Guerlain est rachetée en 1994 par le groupe LVMH pour 400 millions de dollars. Grande nouveauté depuis juin 2008 : pour la première fois depuis sa création, la maison vient de nommer au titre de parfumeur quelqu’un qui n’est pas de la famille, le suisse Thierry Wasser (Hypnôse de Lancôme, Dior Addict…).

Aujourd’hui, Guerlain incarne toujours la tradition à la Française, l’excellence du bon goût. Le groupe réalise près de 77 % de son chiffre d'affaires à l'international, avec 65 % de ses effectifs à l'étranger. Il réalise plus de la moitié de son CA avec ses parfums, le reste concernant les soins, le maquillage, et dans une moindre mesure, les instituts et les accessoires. Malgré le contexte économique morose, l’industrie parfumerie-cosmétique affiche une croissance continue depuis plus de quarante ans, grâce notamment à des marchés émergents, comme ceux de l’Europe de l’Est ou du sous-continent asiatique. Même si Guerlain détient une part de marché assez faible au regard d’autres géants du secteur (Estée Lauder, Chanel, Dior, Calvin Klein…) la maison jouit de l’une des plus belles images de l’industrie du luxe, emprunte de tradition, toujours fidèle à sa devise : « La gloire est éphémère, seule la renommée dure ».

www.guerlain.com

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